…et on y revient ! Après avoir dépeint le premier pan de ce que l’on pourrait nommer la “chaîne du livre” comme le dit Soline, passons maintenant à la deuxième grande étape : le livre existe, il est fait, il est tout chaud et il sent bon la lavande.
Suivant les choix de l’éditeur, un certain nombre de livres auront été imprimés ; cela peut aller de quelques centaines à plusieurs milliers (petites structures d’édition), voire plusieurs dizaines ou centaines de milliers (grosses et riches structures). Tout dépend du public visé, de la renommée de l’auteur, de celle de l’éditeur, des moyens de communication et de diffusion qui sont déjà en place ou qui auront été pensés pour le livre.
Parce que c’est bien beau d’en avoir tout plein, encore faut-il pouvoir s’en débarrasser maintenant ! Autrement, tout le monde reste pauvre et triste (surtout les lecteurs potentiels, qui auront manqué un super truc). Voilà pourquoi entre en scène la collaboration active entre l’auteur, l’éditeur, le diffuseur, les libraires et autres acteurs :
- Le diffuseur : c’est l’entreprise qui va s’occuper du référencement des livres en librairies. Pour ce faire, il emploie plusieurs méthodes : des commerciaux vont d’abord tourner dans toute la France (par secteur) afin de démarcher les libraires dits en référencement (connus du diffuseur) et ainsi placer les ouvrages ; des bases de données et autres protocoles de commandes sont également à la disposition des libraires, ces moyens sont régulièrement mis à jour afin que ces derniers puissent se tenir au courant des nouveautés qui paraissent régulièrement. N’oublions pas non plus que cela fait partie du travail du libraire que de s’intéresser à ce qui se fait dans le milieu du livre !
On dit alors qu’un éditeur est diffusé par un diffuseur. La source de profit de celui-ci ? Prendre un pourcentage du chiffre d’affaires réalisé par un éditeur. Et quand on sait que ce taux peut aisément se trouver entre 58% et 60%, remise libraire comprise (36%), il vaut mieux que ce diffuseur fasse bien son boulot !
Voilà pourquoi début 2011, les éditions Scutella, Abeille & Castor, Eidola et Café Creed ont fondé la structure de diffusion-distribution : 16 Diffusion (16 étant le code de la Charente). J’en profite pour vous inviter à aller faire un tour sur le site en cliquant sur le lien en haut à droite : vous pouvez adhérer pour 10 €, vous recevrez alors un livre (sachant que 95 % valent plus de 10 €, ça vaut le coup !).
- Le distributeur : commençons par dire qu’habituellement, le diffuseur assure de surcroît le rôle de distributeur. La distribution c’est, tout simplement, faire parvenir les livres bien emballés d’un point à un autre (généralement de l’endroit où sont stockés les livres aux librairies). Certains diffuseur-distributeurs passent par des sociétés de transport ; chez 16 Diffusion, on emploie La Poste.
- Le libraire : il est notre deuxième principal collaborateur dans la promotion des bouquins. C’est celui qui va devoir, dans un premier temps, orienter ses choix d’achat auprès du diffuseur (quels livres et en quelles quantités) afin de les revendre par la suite directement aux lecteurs (vous suivez toujours ?). Car, suivant ses spécialisations (généraliste, spécialisé en bandes dessinées, spécialisé en Jeunesse, spécialisé en comics, en mangas…), un libraire ne doit pas être appréhendé de la même façon. Par la suite, il est le seul qui se trouvera être directement en contact avec le lecteur, voilà pourquoi un libraire doit être bien traité afin qu’il puisse donner une bonne impression des livres d’une maison d’édition voire d’un diffuseur en particulier.
Les événements
Là où un éditeur prend toute sa mesure dans la promotion de ses livres se situe certainement dans la participation à divers événements. Afin de ne pas trop s’étaler, prenons un exemple classique et fréquent dans la vie d’une maison d’édition : les festivals. Et puis, on parle d’Angoulême là, capitale mondiale de la Bande Dessinée de par son Festival International de la Bande Dessinée, s’il vous plaît !
Afin de prendre part à un tel événement, deux options sont possible : soit l’éditeur a la possibilité de louer un stand et faire lui-même son propre business (vente directe, plus de remise libraire et contrôle total de la communication auprès du public MAIS coût du stand, frais de transport, temps, etc.). Concernant les gros festivals à ne pas manquer (par exemple : Angoulême) ce choix est quasi-incontournable. Une deuxième possibilité consiste à vendre certains livres en grandes quantités auprès de libraires qui vont eux-mêmes participer à des festivals, en échange de quoi l’éditeur va demander à un auteur de se déplacer et faire des dédicaces de ses ouvrages et/ou animations sur place (très vendeur !).
Dans tous les cas, ce genre de manifestation requiert un suivi constant, une vigilance permanente et parfois même, une bonne dose de management.
Autres actions
Enfin, la communication reste un travail de tous les instants. On garde toujours en tête le maître-mot “stratégie”, sans oublier le “réseau” et donc les liens qui peuvent unir les différents acteurs du marché du livre. Ce blog, même si son but premier n’est pas commercial, en fait partie. Tout comme le site internet, la page Facebook ou le compte Twitter de Scutella Editions. On pourra aussi parler d’offres promotionnelles, de la vente de produits dérivés, du bouche-à-oreille… mais on s’attarderait alors sur quelque chose de moins spécifique à l’édition.
Bah ça en fait des choses, j’espère pour moi que vous êtes maintenant incollable sur le sujet (sinon, ça veut dire que je fais mal mon boulot).
- Axel -